Faune enseignante

Publié le par Ludo

J’eus l’occasion par le passé de vous décrire en détails les différents collègues que je cotoyais dans mon collège affreux. Je vous présente aujourd’hui un récapitulatif de tous les profs désagréables que j’ai connus en primaire. Je n’évoquerai donc pas les bons instituteurs qui forment heureusement la partie la plus importante des effectifs (mon estimation : 60%). Pour les quarante restant, je suis censé assister :

 

Les Figurants : Ils se tiennent bêtement debout au fond de la classe en souriant et ne servent rigoureusement à rien. Ils ne suivent en aucun cas le déroulement des événements et il serait trop leur demander de faire la discipline.

 

Les Marmottes : Il s’agit du stade supérieur aux Figurants. Ceux-ci dorment sans scrupules et seule la cloche les sort de leur léthargie.

 

Les Profiteurs : « Tiens c’est le cours d’anglais. Je vais laisser l’autre donner son cours pendant que je corrige les copies de math ». Un exemple ici.

 

Les English Enthusiastics : Ils sont convaincus de posséder un niveau d’anglais élevé, ce qui est vrai pour la plupart. Notez qu’avoir un niveau supérieur à la majorité qui ne sait dire que « hallo », ce n’est pas bien dur. Ils adorent vous parler en anglais à n’importe quel moment de la journée, de préférence devant le principal, le kyôtô ou les élèves. Très usant au bout de quelques minutes, ils utilisent la langue de Shakespeare avec exagération. Là où une explication complémentaire en japonais serait bienvenue, ils vont parler un anglais totalement incompréhensible aux écoliers. La confiance qu’ils vouent à leurs connaissances linguistiques leur fait employer des mots, expressions ou tournures de phrase erronés. Vous aurez beau leur répéter qu’ils ont tort, ils continueront de ressasser la même bourde quelques minutes plus tard. Quand vous vous sentez de mauvaise humeur, ce sont ceux que vous avez le moins envie de voir.

 

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Les Sabordeurs : A l’inverse des précédents, ils ne sont pas capables de tenir une conversation mais se souviennent de pas mal de vocabulaire. Lorsque vous posez LA question servant de clé de voûte à votre cours à la classe, ils vont y répondre fièrement, sapant alors les efforts de réflexion de votre audience. Ils n’ont pas compris que la leçon ne leur était pas adressée.

 

Les Martyrs : Ils subissent une haine incroyable de la part de leurs élèves. Ils sont continuellement traités de tous les noms, y compris pendant mes cours mais ne réagissent jamais. Cette indifférence ne fait qu’aggraver la situation et on assiste à chaque heure à une escalade dans l’intensité des horreurs verbales.

 

Les Pères-Fouettards : Ceux-là réagissent au moindre acte de rébellion ou d’impolitesse mais avec un degré de violence démesuré. Ils vont faire valser le bureau de l’élève concerné, jeter sa trousse et ses livres dans le couloir puis le traîner par le bras sur le sol jusqu’à la sortie tout en l’incendiant de décibels, tout ça parce que celui-ci a oublié son cahier. J’ai déjà été témoin deux fois de ce type de profs dans deux établissements différents. Il est très dur d’enchaîner après une telle crise de nerfs.

 

Les Autistes : Leur voix ne porte pas assez, ils sont lents, austères et n’ont donc aucun pouvoir (note pour Howard : oui). Ils ne vous adressent jamais la parole (d’ailleurs ils ne discutent avec personne dans la salle des profs). Ils semblent se demander pourquoi ils font ce métier et à les voir, on se pose la même question.

 

Les Anarchistes : Ils se moquent royalement de votre cours. Ils attendent que l’heure se termine pour passer enfin à autre chose. Ils vont donc se mettre du côté des élèves et discuter ouvertement avec eux, y compris quand vous parlez. Cette attitude reste rare mais elle n’a pas son pareil pour me mettre hors de moi.

 

Les Racistes : Ils ressemblent aux précédents et ne courent pas les rues non plus. Si un prof ne vous apprécie pas, en général, il s’efforce de le cacher ou de vous ignorer. Les vrais Racistes sont en revanche du genre à soupirer dès qu’ils vous voient ou à vous reprendre dès qu’ils en ont l’occasion (sur les règles d’un jeu par exemple) ou à émettre des doutes sur l’utilité de l’apprentissage de tel ou tel mot.

 

Les Intermittents : Ils trouvent toujours le moyen de s’éclipser hors de la classe, parfois sans que vous le remarquiez sans bien sûr dire un mot ni même s’excuser par la suite. Ils sont parfaitement conscients qu’ils n’ont pas le droit légalement de vous laisser seul avec les enfants mais jouent l’ignorance. Il est inutile de leur demander de rester à l’avenir puisqu’ils « oublient » au bout de quelques semaines pour reprendre leurs mauvaises habitudes. Tout ne me gênerait pas autant si les gamins restaient calmes dès que leur prof s’absente mais dans 90% des cas, les brebis de ce genre d’enseignant ne sont jamais tendres et deviennent insupportables quand il n’est plus là.

 

Les Asociaux : Comme les précédents, ils ne vous gratifient qu’épisodiquement de leur présence mais ont la « délicatesse » de vous prévenir entre une heure et une minute au préalable. Au bout de trois « tâches très importantes » consécutives, cela ressemble à une belle mélodie au pipeau. Ils ne vous parlent que pour vous demander une énième « faveur ». Agacé, j’ai fini par exiger de tous les profs qu’ils soient remplacés par un autre en cas d’absence. Si au début, quelqu’un se prêtait au jeu, par la suite ces derniers avaient trouvé une pirouette pour sécher mon cours sans avoir à enquiquiner un autre prof. Ils débarquent dix à vingt minutes en retard ou s’éclipsent avant la fin pour la même durée et deviennent ainsi de parfaits Intermittents.

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Publié dans Ecoles

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