Dix expressions en dialecte d’Osaka
Si cela fait désormais plus de sept ans que je vis à Nagoya, je n’éprouve guère de sympathie pour cette ville grise peuplée de gens froids prétentieux et de chauffards. Avant d’habiter ici, j’avais vécu deux ans et demi en banlieue d’Osaka et de Kyoto. Entre Osaka et Nagoya, mon coeur penche à 150% pour la première. La ville y est tout aussi grise mais les gens demeurent souriants, chaleureux et prêts à vous aider. Cette bonne humeur est véhiculée en partie par leur dialecte. Voici donc aujourd’hui dix expressions indispensables directement suivies de leur équivalent en japonais « normal ».
Ohayosan おはようさん
(ohayo gozaimasu おはようございます)
Signifie bonjour (le matin uniquement). Le « san » s’emploie entre autres aussi après arigatô ありがとう pour dire merci.
Maido まいど
(pas d’équivalent véritable)
Sert de salutation à tout moment de la journée à quelqu’un que l’on voie régulièrement (professionnellement notamment) et fait aussi office de remerciement. Maido signifie à la base « à chaque fois ».
Ookini おおいに
(arigatô gozaimasu ありがとうございます)
Signifie « merci » et est souvent associé à maido par les commerçants : maido ookini !
Ee ええ
(ii いい)
Signifie « bien ». « c’est bien », ii desu いいです devient en dialecte d’Osaka eede ええで.
Gottsu ごっつ
(totemo とても)
Signifie « très », « vachement ». Gottsu ee ごっつええ : vachement bien.
Honmakaina ほんまかいな
(hontô desuka 本当ですか)
Ici non seulement les mots diffèrent mais l’intonation n’a non plus rien à voir avec le Japonais « normal ». hontô 本当 (« vraiment ») devient honma ほんま et demeure sans doute le mot le plus employé dans le Kansai (région d’Osaka, Kyoto, Kobé, Nara). Kaina かいな sert à marquer l’interrogation et met plus l’accent sur le fait que celui qui l’utilise doute de ce qu’on lui a dit. Hontô desu ka se traduirait à mon sens par « c’est vrai ? » alors que honmakaina s’apparenterait à « Allez... c’est pas vrai ! ».
Nanbo なんぼ
(ikura いくら)
Signifie « combien ça coûte ? ».
Le commerce et l’argent ont depuis toujours une place importance dans le Kansai et les expressions qui y ont un rapport restent nombreuses.
Gyôsan 仰山
(takusan 沢山)
Signifie « beaucoup ». « il y a beaucoup de monde » serait en japonais « normal » hito ga takusan irune ひとが沢山いるね et hito ga gyousan oruna ひとが仰山おるな en dialecte d’Osaka. Gyôsan et gottsu possède un sens assez proche.
Akande あかんで
(ikemasen いけません)
Signifie « il ne faut pas » ou « ben non alors ! ». Sanctionne par exemple toute pitrerie d’un enfant ou marque le refus quand on se voit proposer quelque chose que l’on considère inapproprié. Le « de » final peut-être omis. Les campagnes anti-pervers sexuels dans les transports en commun dans le Kansai avaient pour titre il y a une dizaine d’années (et peut-être encore maintenant) : chikan akan 痴漢あかん (« les attouchements sexuels, c’est mal »).
Nandeyanen なんでやねん
(dôshitedesuka どうしてですか)
Signifie « pourquoi » mais avec plus d’intensité, du genre « mais bon sang, pourquoi donc !? » voire « mais t’es con ou quoi ? ». Dans le manzai 漫才 (sketch comique sous forme de dialogue entre deux comédiens propre à Osaka), il est utilisé par l’un des deux protagonistes chargé du tsukkomi 突込み (par opposition au boké ボケ, celui qui joue le pitre). Cela sert à accentuer le gag du boké par un sentiment d’incompréhension et de colère. Imaginez Bourvil faire une gaffe et être enguirlandé par De Funès.