Travaux forcés

Publié le par Ludo

En près de quatre ans de résidence à Nagoya, divers chantiers ont continuellement ceinturé mon voisinage. Au départ, je pensais que cette frénésie immobilière était due à l’arrivée de lExpo universelle. Seulement voila, celle-ci a démarré le 25 mars dernier et les alentours de la gare de Nagoya ne sont toujours pas achevés. Pire, de nouveaux immeubles sont en train d’apparaître dans le même périmètre, comme des champignons sur un vieux coulommiers oublié une semaine dans un coffre de voiture laissée en plein soleil.

 

Les « Towers » qui surmontent la gare sont en passe de se voir voler la vedette par deux autres tours, l’une en face, au Nord-est et l’autre, plus près de chez moi, au Nord. De gigantesques travaux avaient démarré en sous-sol en 2001 et avaient même contraint à la fermeture définitive de l’un des accès pourtant bien pratique au métro. En surface, les grues (très mignonnes, cela dit en passant) se succèdent depuis, sans montrer de résultats apparents. Il se trame quelque chose en souterrain depuis deux ans mais quoi ? Plus proche de mon logement, l’édification d’un gratte-ciel a débuté il y a quelques mois et il semble que la moitié du travail ait été accomplie.

 

Sans doute pour faire fuir les touristes pour de bon, on a cru bon de restaurer, pendant qu’on y était, la façade de la Poste centrale (à droite sur la photo) dont les vitres n’avaient jamais été lavées et dont la pierre était devenue couleur charbon. Une belle initiative, certes, mais pourquoi attendre l’ouverture de l’Expo pour s’y mettre ? Cet urbanisme sauvage commun aux grandes métropoles japonaises se fait toujours en dépit du bon sens.

 

Et comme cela ne suffisait pas, les voies ferrées ont subi des réfections à partir de 23 heures et jusqu’à l’aube pendant trois jours en début de semaine, me faisant passer des nuits blanches. Les ouvriers ne semblent pas faire dans la dentelle quand on leur demande de travailler en nocturne. Ils piochent, jouent du marteau-piqueur, touillent le béton en rythme et hurlent dans des haut-parleurs au cas où personne n’avait compris qu’ils bossent. En plus de cela, les murs de mon immeuble ont tous été repeints depuis lundi et les odeurs de peinture envahissent mon appartement. Et pour parachever cette folie, ma deuxième école subit aussi des travaux. Où que j’aille, je suis encerclé par des bâches bleues, de la poussière, des casques blancs, des pelleteuses, des boulons, des scies, des clous, des échafaudages... Je crois que j’ai vraiment besoin de verdure.


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Publié dans Ougl

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