C'est beau une expo la nuit.
Le 22 août dernier, nous nous sommes décidés à retourner pour une troisième et ultime fois à l’Expo. Voulant à tout prix fuir la chaleur et la foule, nous avions opté pour un billet d’entrée de nuit. Arrivés à quatre heures, nous attendîmes une bonne heure avant de pénétrer sur le site de Nagakute. En comparaison des deux fois précédentes, le nombre de touristes apparaissait nettement plus faible ce qui facilita énormément notre progression sur la passerelle périphérique et l’accès aux attractions. Finis les pimbêches qui vous piétinent sans un mot, les ossan en bob et les quinquagénaires repus. Le soleil se couchant très tôt au Japon, même en été (vers 19h pour être précis), les températures deviennent plus supportables même si l’humidité se fait toujours sentir.
Les réverbères le long des allées et les lumières sur les pavillons procurent à l’ensemble une atmosphère inédite. Au passage des différents convois, on a l’impression de jouer le figurant pour un film de science-fiction (pas la Planète des Singes mais plutôt Minority Report).
Les néons verts de la grande roue distante ajoutent un cachet plus forain certes, mais pas forcément déplaisant.
Deux événements ponctuent les visites vespérales : la parade et le son-et-lumière.
Pour la première, il s’agit juste de quatre ou cinq véhicules illuminés jonchés de mascottes. Pas franchement inoubliable. A leur passage, des nuées de visiteurs semblant débarquer de nulle part se battent pour prendre en photo les boules de poil vertes. Cette ruée absurde prend des airs d’émeute urbaine quand des familles entières se mettent à courir et à bousculer quiconque ne se trouvant pas à deux centimètres de la route. Les agents de police ont beau s’évertuer à crier dans leurs haut-parleurs « ne courrez pas », c’est comme si une vague d’affamés se jetaient sur un buffet de mariage. C’est devant ce défilé peu passionnant qu’un fan de ce site (voir les commentaires de cet article) nous aurait reconnus, Naoko et moi. Malheureusement, nous n’avons pas entendu ses appels. Si vous, lecteurs assidus, avez l’occasion de nous rencontrer, n’hésitez surtout pas : hurlez « ougl ! », sifflez, faites de grands signes en sémaphore jusqu'à ce que nous remarquions votre présence.
Le son-et-lumière regroupe de son côté une foule plus importante encore. Dans l’étang central en contrebas de la promenade trône une gigantesque tête de macaque, entourée de jets d’eau et de brume sur lesquels sont projetées des animations. La concentration de bras et têtes au mètre carré ne permet aucune prise de vue. Je n’ai pu apercevoir qu’un cinquième de la scène. Le spectacle narrait, semble-t-il, les aventures d’un petit singe dans la jungle.
A 21h, nos jambes bien lourdes exigèrent que nous rentrions chez nous. Malheureusement, tous les autres firent de même. Nous ne pouvions de toute manière rester plus longtemps étant donné que l’Expo ferme ses portes à 23h. Une heure plus tard, après une file d’attente en serpentin à n’en plus finir, nous nous engouffrions dans un Linimo bondé à peine respirable.