龍が如く3

Publié le par Ludo

Sorti fin février au Japon, 龍が如く3 (Ryû ga gotoku 3 ,« Tel le dragon ») est en train de se vendre comme des petits pains. La raison ? D'une part, la série possède de nombreux fans ici et il offre enfin aux possesseurs de PS3 nippons un jeu 100% japonais (atmosphère comprise) intéressant sur cette machine. Vous y incarnez un ancien membre de la pègre, Kiryû Kazuma, confronté à de vieux ennemis de son passé, le tout baigné dans une ambiance de scandale politico-financier on ne peut plus réaliste et d’actualité. En effet, la semaine dernière, des secrétaires du leader du principal parti d’opposition, le Parti Démocrate du Japon (Minshûtô), M. Ozawa, ont été arrêtés pour avoir traité avec une entreprise de travaux publics appartenant à un clan de la mafia. A l’heure où j’écris ces lignes, des soupçons se dirigent vers certains membres du gouvernement. Or, on retrouve dans ce jeu une intrigue assez proche puisque c’est le ministre des transports qui s’arrange avec le Milieu pour construire une station touristique à Okinawa.

L’archipel du Sud accueille d’ailleurs une bonne partie de l’histoire et Naoko et moi-même avons été ravis de revoir des lieux que nous avions visités parfaitement restitués. Seuls les noms ont été modifiés : Kokusaidôri 国際通りdevient Ryûkyûgai 琉球街, Makishikôsetsuichiba 牧志公設市場 s’est changé en Kôsetsuichiba 公設市場etc.

Le reste du jeu se déroule à Tokyô dans le quartier de Kabukichô 歌舞伎町, rebaptisé Kamurochô 神室町, réputé pour ses nombreux bars à hôtesses et un grand nombre de petits voyous et de yakuzas au mètre-carré.


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Je n’avais jamais joué à龍が如く(« Yakuza » à l’étranger) avant mais j’ai été agréablement surpris de constater de nombreux points communs avec Shenmu I et II sortis sur Dreamcast il y a dix ans. Le concept de ville que l’on visite à pied, les combats, et bien sûr la multitude de mini-jeux. Dans ce troisième épisode, on est sûr de ne pas s’ennuyer. On peut jouer au golf, pêcher, jouer au shôgi (échec japonais), au mah-jong, à différents jeux d’argent au casino, aux fléchettes, au bowling, au billard, et on peut s’entraîner à frapper une balle de baseball au batting-center… La plupart peuvent d’ailleurs s’apprécier à deux grâce au dernier patch.

Si vous aimez le look pétasse et les coupes de cheveux à la Nagoya-maki, vous pouvez aussi former votre hôtesse dans un cabaret. Après l’avoir recrutée dans la rue, vous pouvez l’enlaidir avec du maquillage vulgaire, une permanente douteuse, des vêtements kitch et des accessoires hors de prix. Dit comme ça, ça n’a pas l’air franchement intéressant mais si, comme nous, vous prenez la chose au second degré, vous devriez bien rigoler.

Avec une histoire passionnante, des combats vraiment dynamiques et une ambiance très bien rendue, je regrette cependant certains aspects impardonnables pour un jeu qui tourne sur une machine de cette génération :

Les voix. Si les scènes intermédiaires restent admirablement doublées et si quelques personnalités célèbres s’y sont prêtées (Miyasako Hiroyuki, Miyagawa Daisuke, Izumiya Shigeru etc.), le reste des conversations n’apparaît que sous la forme de textes. A côté de jeux comme Oblivion ou GTA4 où tout est doublé et où les dialogues demeurent beaucoup plus nombreux, cela fait un peu pitié.

Le côté bâclé. Vous voulez vous rendre en centre-ville à Okinawa ? Vous aurez droit à un écran noir et au son du monorail pendant deux secondes avant de vous retrouver comme si de rien n’était où vous vouliez. Il est de plus impossible d’entrer dans la plupart des bâtiments et on butte constamment sur des limites barbares qui vous font prendre conscience que l’endroit dans lequel vous vous promenez n’est pas si grand que ça. Enfin, vous rencontrez toujours les mêmes personnes dans la rue puisque tous les personnages « figurants » s’articulent sur les mêmes modèles de base : petite frappe, type enveloppé avec un bouc et pas de moustache, skinhead avec un survêtement à capuche, petit vieux courbé etc. On manque non seulement de variété dans les différents physiques que l’on rencontre mais aussi dans les tenues vestimentaires (vous verrez souvent les mêmes pulls ringards portés par les types enveloppés cités plus hauts) et dans les animations (parades d’intimidation, démarche de yakuza, et j’en passe…). Pour couronner le tout, les passants se matérialisent parfois cinq mètres devant vous comme s'ils venaient de se téléporter, alors que la PS3 est capable d'afficher une profondeur de champ bien supérieure. Les routines des précédents opus auraient-elles été appliquées telles quelles?

La pub. Je n’avais jusqu’ici pas grand-chose contre la pub dans les jeux vidéo. Après tout, cela fait plaisir de retrouver des marques que l’on connaît, cela rend le tout plus crédible. Ici, on peut acheter du CC Lemon, du Whisky Suntory, Glenfiddich, de la Carlsberg, et acheter des magazines comme Friday (bien que l’on ne puisse voir au final que la couverture). Tout cela est bien sympa mais quand on voit des personnages louer ouvertement des produits ou des magasins, cela le devient moins. Voici l’extrait d’une conversation entendue lue dans la rue :

A : J’ai soif. Je vais me prendre une boisson à un distributeur.

B : Mais t’es fou ! Va plutôt à Don Quichotte (une grande chaîne de magasins qui vend un peu de tout pour pas cher dans tout le pays). Là où ça coûte 120 yens dans un distributeur et 105 dans un combini, ça ne coûte que 97 yens à Don Quichotte !

A : Don Quichotte ? Oh mais j’y vais de ce pas !

Hormis ces petites contrariétés, on tient un jeu vraiment prenant avec une bonne durée de vie. Je ne manquerai pas de vous parler de certains détails amusants concernant ce soft ainsi que de son cousin 龍が如く見参 Ryû ga gotoku Kenzan dont l’action se situe dans le Japon féodal à l’avenir.

 

A suivre

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