« G » comme…

Publié le par Ludo

Après le « F » de food, voici le « G » de :

 

Godzilla

 

Apparu sur le grand écran en 1954, ce monstre gigantesque largement inspiré de King Kong s’apparente à un dinosaure de taille démesurée passant son temps à détruire des métropoles japonaises le long de 28 films. Amphibien, il se tient debout sur ses deux pattes arrière comme un parfait plantigrade. Il possède une capacité de régénération accrue, le rendant insensible à n’importe quelle blessure. Vous pouvez le poussez dans les ronces, dans les orties et le saupoudrer de sel après, il en rira (sauf dans le cas d’un acteur dans un costume, n’essayez donc pas). Il peut projeter un rayon atomique destructeur de sa gueule avec une haleine tout compte fait moins traumatisante que celle de mon collègue.

Son nom vient du mélange des mots gorira ゴリラ(gorille) et kujira (baleine) et aurait servi de sobriquet à un des employés de la société de production de la saga, la Toho.

S’il naît des conséquences des essais nucléaires américains à l’origine, la version hollywoodienne de 1998, de triste mémoire (que je n’ai pas intégrée aux 28 films cités plus haut), reporte la faute hypocritement sur les essais nucléaires français dans le Pacifique (pourtant achevés deux ans avant la sortie du navet).

 

et de Gaméra

 

Créée par Daiei en 1965 afin de concurrencer Godzilla, cette tortue géante aux défenses de phacochère peut voler en rentrant dans sa carapace et en effectuant une rotation sur elle-même. Elle dépasse Mach 3 quand elle se sent en forme (jamais le lundi). Il s’agirait de l’un des gardiens de l’Atlantide, c’est dire si elle en a vu des printemps. Elle se nourrit de feu et d’énergie nucléaire. Dommage qu’elle n’appartienne qu’à la fiction car je la vois bien passer ses vacances dans le Var au mois d’août, partir en expédition gastronomique à Tchernobyl avant de regagner son bureau à La Hague.

Quand elle se met en colère, pour se défendre, quand ce n’est pas son jour, ou quand elle a bu un container de Tabasco, ses yeux, comme son abdomen, projettent un rayon rouge qui fait mal.

 

Image Hosted by ImageShack.us

 

Les deux sagas montrent à quel point les Japonais sont fascinés par les scènes de destruction urbaine. Thème récurrent de nombreux mangas, films et dessins animés, les cataclysmes restent intimement liés aux craintes des Japonais. N’oublions pas que le pays a subi deux bombes atomiques, et la peur des séismes fait parti de la vie de tous les jours. On met ainsi plus l’accent sur la destruction des immeubles que sur le nombre d’habitants paisibles tués par un coup de calcaire de Gaméra comme si un nombre élevé de victimes était inévitable. Ou alors s’agit-il d’un message déguisé du lobbying immobilier invitant la populace à investir dans des logements anti-sismiques ?

Par extension, le bazar qui règne sur les bureaux des salariés nippons obéit-il à une logique de préparation à une catastrophe ? Quand on en regarde certains, on ne peut penser à autre chose que « mais c’est pas possible, Godzilla est passé dans le coin ! ».

Notez bien que cette expression peut être reprise pour moultes occasions : un gros nid de poule sur la route, une station de métro de la ligne 2, après le passage d’un individu qui n’a pas réussi à se débarrasser de son énorme contribution dans la cuvette de toilettes publiques, etc.

 

PS : Le dessin accessible en cliquant sur la photo est l’œuvre de Naoko.

Publicité

Publié dans ABC

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :