« S » comme... II

Publié le par Ludo

Après le « R » de ransel, voici le « S » de :

 

Skyfish

 

Il y a quelques années, des monteurs de reportage remarquèrent que dans quelques prises réalisées dans certains coins de la planète et le plus souvent en pleine nature, on apercevait un objet inconnu passer dans le champ à une vitesse phénoménale. Les premières analyses montraient une espèce de cylindre d’une longueur moyenne de trente centimètres muni de trois pairs d’ailes minuscules. On estima sa vitesse proche de 300 Km/h. Baptisé skyfish, il alimenta bon nombre d’émissions et devint un mythe au Japon où il parvint au statut de nouveau monstre du Lochness. Des experts affirmaient la rareté de l’animal, observé uniquement dans quelques films et s’interrogeaient au sujet de sa véritable apparence puisque seules des plans flous étaient disponibles et que personne ne s’était rendu compte de la présence d’un skyfish à l’oeil nu. Comment un animal de cette taille et avec d’aussi petites ailes pouvait-il se déplacer aussi vite ? S’agissait-il d’un insecte ? D’une créature d’un genre inédit ? Une équipe voulut en avoir le coeur net et décida d’utiliser une caméra à pellicule rapide capable de filmer des ralentis très précis couplée à une caméra classique au bord d’un gouffre servant de plate-forme de parapente réputée en Amérique du sud (si mes souvenirs sont exacts). Pensant rentrer bredouilles, les chasseurs d’image examinèrent alors ce qu’ils avaient enregistré avec la caméra classique pendant quelques secondes et découvrirent la bête filant de part et d’autre de l’écran. Ils comparèrent avec les plans de la caméra rapide et découvrirent stupéfaits la véritable identité du skyfish : une mouche. Son passage près de l’objectif et la rémanence qui en résultait, expliquait une taille de 30 cm et le triplement de l’unique paire d’ailes...


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Alors que le mystère était enfin élucidé, la télévision nipponne se contenta d’alimenter la légende pendant un an à grand renfort d’émissions (quatre au total) où on allait enfin tout savoir sur le skyfish, en simulant même la malchance de n’avoir pu en saisir un sur la pellicule. Puis un beau jour, un programme osa dire la vérité, relayé six mois plus tard par un autre... Cela ne suffit pourtant pas : la majorité de mon entourage ignore toujours qu’il s’agit d’une simple musca domestica.

 

PS : Merci à Naoko pour le joli dessin.

 

A suivre...

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Publié dans ABC

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