Dix choses inutiles au Japon

Publié le par Ludo

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La vidéo sur les distributeurs de boisson

Voici un formidable exemple de gâchis dont le Japon a le secret. Dans un but purement mercantile de montrer que l’on se trouve à la pointe de la technologie, certains distributeurs de soda, Coca Cola en tête, disposent depuis deux ou trois ans de petits écrans LCD intégrés qui passent en boucle des publicités. La première fois, on trouve cela chouette et on regarde l’objet trois secondes, mais dès la fois suivante on l’ignore royalement. On ne peut que critiquer le côté non-écologique de ce genre de dispositifs qui sont alimentés 24h/24 pour garder les boissons au frais (et au chaud pour certaines) et qu’on trouve tous les dix mètres dans les grandes villes. Si en plus on leur adjoint un écran que personne ne regarde...

 

Les campagnes électorales

En période d’élections, le pays devient plus bruyant encore avec des camions de personnalités politiques qui sillonnent les rues en beuglant un discours saturé et inaudible entrecoupé par l’annonce de leur nom dans des hauts-parleurs pour que tout le monde en profite dans un rayon de deux kilomètres. Les Japonais se désintéressent déjà de la politique et les harceler de la sorte ne me semble pas une bonne idée. Que le véhicule soit à l’arrêt ou non, il est clair que personne ne l’écoute... Pourquoi les politiciens s’acharnent-ils donc à parcourir les villes pendant une semaine au risque d’y perdre leur voix ? La peur du débat télévisé avec un adversaire ou tout simplement la peur de dévoiler que leur programme ne tient souvent pas la route ?

 

Les voix enregistrées

Ces calamitées sont partout et doivent représenter le symbole même du progrès pour beaucoup de Japonais. Mais pourquoi les avoir intégrées dans tout et n’importe quoi : escalators, stations services, camions qui manoeuvrent, etc. Bref je ne reviendrai pas sur ce sujet largement développé ici.

 

Les annonces dans les trains

Le contraste me fait toujours sourire. En France, le conducteur se contente de vous dire dans quel train vous avez monté et dans quelle gare, il va s’arrêter. Au Japon, on vous dit de faire attention à la fermeture des portes, la destination du train, le prochain arrêt, le nombre de minutes nécessaires pour atteindre les différentes gares majeures du trajet puis on vous demande de laisser les places réservées aux handicapés et aux personnes âgées, de bien avancer à l’intérieur des wagons pour dégager les issues à l’arrivée aux arrêts qui connaissent une forte affluence, de couper votre téléphone portable, de faire attention entre l’espace existant entre le train et le quai à la gare X, et enfin on vous parle des connexions possibles avec d’autres lignes ou d’autres compagnies ferroviaires et de la nouvelle carte bidule qui peut vous faire économiser tant de yens etc. etc. Il peut arriver qu’un responsable zélé déblatère pendant cinq minutes des annonces sans oublier que cela suit parfois des annonces automatiques (cela dépend de la compagnie). Usant !

 

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Le mythe du minus ion

Plusieurs appareils depuis quatre ans possèdent une fonction minus ion マイナスイオン. Il s’agit le plus souvent de purificateurs d’air, de sèche-cheveux ou d’aspirateurs. En théorie, l’émission de minus ion demeurerait très indiquée pour la santé et débarrasserait l’air ambiant de... ben on ne sait pas trop quoi puisque cela ne tient sur aucune base scientifique. Mais beaucoup de Japonais vous diront lors d’une balade en pleine forêt que l’air y est très bon, forcément, puisqu’il y a plein de minus ion dans les endroits naturels.

 

Le mythe du germanium

Cette nouvelle mode créée dans une optique commerciale il y a plusieurs années se déclinent toujours en colliers et en bracelets d’apparence très sobre. A première vue, ils ressemblent à des tubes de plastique noir mais ce n’est qu’une fois en main que l’on comprend qu’ils renferment une partie métallique un peu lourde. Beaucoup de Japonais croient dur comme fer que le port de ces objets efface la fatigue accumulée dans les muscles ou même soulage les épaules nouées. Comme pour le paragraphe précédent, ces effets n’ont jamais été prouvés scientifiquement mais cela n’empêche pas d’en vendre.

 

Cuillères, pailles et serviettes

Au début on apprécie toujours que la vendeuse du combini vous donne une cuillère en plastique pour accompagner le yaourt que vous venez d’acheter, une petite cuillère en bois pour votre glace, une paille pour votre jus de fruit et une petite serviette humide emballée dans un sachet pour vous essuyer les mimines mais la plupart du temps, vous rentrez chez vous et n’utilisez jamais tous ces ustensiles. Au bout de quelques mois, vous vous retrouvez avec des tiroirs remplis de ces choses dont vous ne savez que faire. A force, j’ai appris à repérer le timing où la vendeuse va les piocher pour les mettre dans votre sac car dans de nombreux cas, on ne vous demande pas votre avis. Naoko, qui travaillait jadis dans la boutique de ses parents m’apprit d’ailleurs que toutes ces petites choses n’étaient pas prises en charge par la maison-mère et que c’était le responsable de chaque magasin qui y allait de sa poche. Si vous avez donc l’occasion de refuser, n’hésitez pas, ça leur fera plaisir !

 

Le sac pour parapluie

Si vous sortez en ville un jour de pluie et que vous décidez de rentrer dans un grand magasin, on risque fort de vous inviter à placer votre parapluie dans un petit sac plastique adapté afin que vous ne salopiez pas le sol. Une fois votre visite terminée, vous pouvez vous en débarasser en le mettant dans la poubelle située à proximité de la machine qui vous a fourni le sac. Alors que l’on commence à éliminer les sacs en vinyl dans les supermarchés, cela ne me semble pas très écologique. On voit cependant apparaître depuis peu des dispositifs qui sèchent en un clin d’oeil votre parapluie.

 

Les hôtesses d’ascenseur

Ce métier en voie de disparition reste l’un des plus inutiles au monde. Dans les grands magasins de type Mitsuzakaya, une jeune fille en tenue de type 50’s et portant des gants blancs vous accueille en inclinant son buste exactement à 45 degrés et vous demande où vous voulez vous rendre. Elle annonce la fermeture des portes et avant l’arrivée à un étage, vous décrit en quelques secondes tout ce qui s’y trouve. C’est gentil mais c’est déjà écrit en bas à l’entrée, dans l’ascenseur et à chaque étage...

 

C’est par ici

Dès qu’un chantier déborde sur le trottoir, ce qui arrive souvent, les ouvriers aménagent un passage provisoire pour les piétons avec des barrières ou des plots pour en délimiter les côtés et une sorte de tapis vert en plastique au sol. Pour compléter le tout, on vous colle de grosses flèches « Voie piéton » et un panneau où figure un dessin d’ouvrier qui s’inclinent vers vous en s’excusant pour la gêne occasionnée. Bref, il n’y a aucun moyen de louper la nouvelle route à prendre mais vous avez toujours un pauvre gars, souvent d’âge très avancé, vêtu d’une veste fluo et armé d’un bâton lumineux rouge qui vous fait signe d’emprunter la seule issue possible. Euh, merci, mais j’avais vu. Le pire c’est quand on utilise le même chemin à quelque secondes d’intervalles (après s’être rendu au combini par exemple) et que le même type vous refait signe de passer au seul endroit praticable. Dans certains cas, ce boulot peu gratifiant est effectué par un automate rudimentaire habillé de la même manière et bougeant de haut en bas le bâton rouge. Automate et monsieur « c’est par ici » ne servent rigoureusement à rien.

 

A suivre...

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Publié dans Ougl

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