Dix événements qui ont marqué ma vie au Japon, première partie
Ma première arrivée
Je n’oublierai jamais mes premières heures à Osaka en 1995. Tout juste sorti de l’aéroport et récupéré par ma famille d’accueil, je ne perdais pas une seconde du spectacle qui s’offrait devant moi. J’étais enfin au Japon et mes cinq sens étaient en éveil. Pendant le trajet jusqu’à leur domicile, je profitais des premières joies du train et du métro nippon alors que des inconnus discutaient entre eux tout en me dévisageant. Par la fenêtre, des maisons et immeubles à perte de vue. Pas le moindre espace de campagne d’un bout à l’autre, de la ville sans interruption avec des constructions dans tous les sens, des toits typiques et des noeuds gordien de fils électriques dans tous les sens... Des publicités très haute en couleur truffées de caractères japonais... Pendant une heure, j’avais été si dépaysé que j’en avais oublié la fatigue.
Hanami
Chaque fois que j’ai fêté les cerisiers en fleur, je tirais comme conclusion que la vie valait la peine d’être vécue. La première édition fut bien entendu la plus magique. L’atmosphère y était incroyablement conviviale : non seulement nous formions un groupe d’une vingtaine de personnes, mais en plus nous étions invités ponctuellement par d’autres pour trinquer. De la bonne bière, des arbres magnifiques, des amis, une bonne humeur contagieuse... Que demande le peuple ?
Bon, ce fut aussi la cuite de ma vie...
Izakaya
Dans un esprit aussi bon enfant que hanami, mais beaucoup moins bon marché, vous avez les izakaya, l’équivalent des restaurants à tapas où vous commandez des plats en petite quantité et où il fait bon boire dans une ambiance décontractée.
Je ne compte plus les enseignes où j’ai passé de bonnes soirées avec des amis : Yamachan (Nagoya), Tengu, Maru Ichiban (la toute première que j’ai essayée à Osaka), Sôzaiya, et toutes les gargottes dont la renommée s’est faite au bouche-à-oreille disséminées un peu partout que l’on découvre souvent par hasard. J’aimerais vraiment que le concept soit exporté en France (avec de la nourriture japonaise abordable, j’entends).
Kushimoto
Cette bourgade située à la pointe la plus australe de Honshû, au sud de la préfecture de Wakayama, elle-même au sud d’Osaka vous émerveillera si, comme moi, vous appréciez les fonds marins. Je n’aurais jamais soupçonné que je trouverais autant de poissons à plus de 200 Km de la deuxième mégapole du pays, un endroit où la pollution fait partie du décor. A Kushimoto, c’est propre, sans doute en raison de l’absence d’un réseau ferroviaire et de la difficulté d’accès par la route (je me souviens encore des 6h30 de trajet). Masques et tubas suffisent à vous faire passer la journée à admirer la faune sous-marine. Par contre, ne faites pas comme moi qui avait subi des coups de soleil historiques, protégez-vous !
L’été
Mon premier contact avec l’été s’effectua dès les premiers jours de mon arrivée (voir plus haut) mais je ne passais mon premier été complet qu’en 1999 (toujours à Osaka). C’est à ce moment que je compris tous les méfaits de l’humidité et la complète inefficacité des zones d’ombre. Je vouais un culte à la Sainte Climatisation.
Depuis chaque mois de juin, juillet août et septembre (disons surtout juillet et août) me marquèrent : les cascades de sueur sur le front, les torrents de sueur entre les deux hémisphères fessiers, les salles de classe où l’air ne circule plus et où on voudrait mourir, les séances nu sous l’air conditionné en rentrant du boulot, les nuits d’insomnie où son corps entier colle au futon...
A suivre...