Souvenirs de collège

Publié le par Ludo

Après une période extraordinaire en primaire, mes années au collège faisaient pâle figure. Je me retrouvais inexplicablement dans la pire classe de sixième où plus du tiers des garçons fumaient déjà. Le peu d’amis que je m’étais créés n’étaient pas ce que l’on peu qualifier d’élite. Leur attitude rebelle et leur dégoût du système scolaire avait vite fait germer dans mon esprit si pure (si si) le côté obscure de la force. J’en fis les frais lors d’un contrôle d’histoire-géo. Je n’avais absolument pas préparé la chose et étais incapable de répondre aux questions tout comme mon voisin. Ce dernier par contre disposait d’un point de vue privilégié sur son propre voisin de droite qui paraissait tout connaître. Selon le principe du téléphone arabe, je me mis à rédiger en toute confiance. Bilan : mon voisin écopait d’un 3/20 et votre serviteur d’un 2/20. Je décidais par la suite de ne plus jamais tricher et de me mettre au boulot.

 
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En quatrième, l’arrivée de nouveaux professeurs et de nouvelles matières ne contribua guère à me faire aimer le collège. J’héritais de trois nouveaux enseignants : pour l’espagnol et le latin que je venais de démarrer et pour l’histoire-géo. La première, cubaine castriste nous faisaient des éloges de Fidel en nous affirmant que tout le monde l’aimait là-bas et qu’il n’était pas un dictateur. Sa voix assourdissante et le sifflement horrible des « S » n’en finissaient pas de me donner la migraine. La deuxième, la plus terrifiante du lot, fera l’objet d’un prochain article. La troisième enfin, communiste et fière de l’être (décidément), ne m’aimait pas, sans que je puisse trouver une explication. Mes résultats dans sa matière, sans être fantastiques, n’étaient pas mauvais et je ne dérangeais jamais son cours. Lors de l’entretien de passage au lycée, cette mesquine, alors prof principale, fit la moue quand ma mère lui dit « bon, ben il n’y a pas de problème n’est-ce pas ? ». Elle répondit par un « C’est jouable » peu convaincu. Mes résultats généraux excellents, en particulier en français, en math et en langues étrangères lui paraissaient douteux. Ma moyenne en français n’était pas représentative puisque d’après elle le prof m’avait surnoté ! Nous quittâmes la pièce, écoeurés par cette mauvaise foi flagrante.

 

Ces quatre années furent marquées non seulement par le peu de considération d’une partie du corps enseignant vis-à-vis de ma personne mais aussi de la difficulté à trouver des amis proches. Les cours de dessin, d’un ennui épouvantable, étaient redoutés de tous car leur responsable, très sévère notait suivant son humeur, et au-dessus de la moyenne qu’une fois tous les trimestres sans que nous n’ayons droit à une seule explication avant de démarrer une tâche. Un jour, d’un commun accord, toute la classe décida de sécher le maudit cours, motivés par l’annulation des deux heures précédentes. Les fondements du projet reposaient sur l’unité du groupe. Tant qu’une majorité était absente, nous pouvions invoqué naïvement le fait que nous pensions que tous les cours de l’après-midi avaient été supprimés.

 

Tout content de participer à ce plan infaillible, je rentrais chez moi prématurément. Le lendemain, je reçus ma seule et unique heure de colle pour absence injustifiée. J’avais été le seul à sécher !

 

NB : J’étais en sixième lors de la prise de cette photo.

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