Prototype

Publié le par Ludo

Prenez un concept de jeu amusant encore peu exploité à base de ville ouverte, de pouvoirs étonnants et une forte de dose de violence, autrement dit recopiez les idées de Crackdown. Ajoutez-y une intrigue basée sur la propagation d’un virus à grand renfort de théorie du complot et vous obtenez Prototype, sorti en juin sur PS3 et Xbox 360.

Le gros problème, c’est que deux semaines plus tôt sortait inFamous (uniquement sur PS3). Les deux offraient la même liberté de mouvement, des pouvoirs surnaturels et une immense ville à explorer.

Pour les mouvements, tout va beaucoup plus vite dans Prototype au risque de devenir parfois un grand n’importe quoi. On court à une vitesse hallucinante le long des rues ou même sur les façades d’immeubles, on peut planer sur une plus grande distance, et on fait des bonds comme un vrai marsupilami. Tout irait bien si pendant les scènes d’action il n’y avait pas autant d’ennemis qui vous tirent dessus en même temps rendant ainsi vos esquives complètement chaotiques. Imaginez que vous vouliez déplacer un jet dans un labyrinthe.

 

Image Hosted by ImageShack.us


On retrouve une vaste sélection de pouvoirs différents que l’on débloque toujours après avoir accumulé des points d’expérience. Beaucoup d’entre eux n’apportent par contre pas grand chose et on aurait préféré des aptitudes moins nombreuses mais plus impressionnantes pour la plupart (comme dans inFamous en somme).

L’histoire principale d’un intérêt moyen n’est guère soutenue par la qualité des quêtes secondaires, totalement inintéressantes dans l’ensemble. On vous demande de relier plusieurs points lumineux, d’atteindre une cible en vol plané ou de tuer tant de bestioles, tout ça en temps limité. J’ai toujours détesté tout ce qui est en temps limité. Je peux accepter que quelques passages d’un jeu se déroulent de cette manière mais quand tout fonctionne ainsi, cela m’énerve purement et simplement.

L’un des talents de votre héros s’avère très amusant à utiliser. Vous avez en effet la possibilité de prendre l’apparence de n’importe quel personnage après l’avoir ingéré. Il disparaîtra dans une bouillie de viscères des plus infâmes mais au moins vous aurez la possibilité d’être dans sa peau et parfois même de voir quelques-uns de ses souvenirs et d’apprendre ses capacités qui vous permettront ensuite de conduire par exemple des chars ou de piloter des hélicoptères. Ce changement d’idendité demeure primordiale pour échapper à vos poursuivants ou pour infiltrer des bases militaires. Dommage que ce pouvoir n’ait pas été plus creusé, il y avait vraiment du potentiel.

Ce jeu, vous l’avez compris, n’est pas destiné aux pioupioux. On nage en permanence dans des hectolitres d’hemoglobine et de bidoche et tant pis pour les passants innocents car, à l’inverse d’inFamous où toutes vos actions bonnes ou mauvaises sont prises en compte, ici vous pouvez tuez une centaine de civils sans être inquiété. Plutôt débile.

Son aspect graphique ne lui procurera pas non plus un avantage par rapport à son rival car, à l’exception de la mise en marche de certains pouvoirs, tout est plutôt moche : immeubles austères, ennemis peu détaillés, effets de lumière à la traine...

Bref, si vous êtes possesseurs de PS3, n’optez que pour inFamous et oubliez Prototype. Si vous êtes possesseurs de Xbox 360, rejouez à Crackdown, c’est beaucoup plus agréable.